Kelly Clarkson - breakaway

08/05/2010 01:47 par sharonna

  • Kelly Clarkson - breakaway

    Kelly Clarkson - breakaway

    08/05/2010 01:47 par sharonna

Aujourd'hui, je fais sagement le deuil de mon désir d'enfant avec lui. Il n'en veut pas, je n'en veux pas sans lui.
Ironie du sort, deux fois en trois mois que je tombe enceinte, alors qu'il s'est toujours cru stérile et alors que je prends la pilule.
Une fausse couche et un avortement plus tard, je préfère mettre un terme à mon statut de corbillard ambulant serial killeuse d'embryons.
Un stérilet... Cadeau du gynécologue et de la sécurité sociale...
Promesse d'une vie faite uniquement de la jouissance de nos plaisirs égoïstes, une existence stérile, une vie de couple dont je ne pourrais à priori jamais porter le fruit.
Le stérilet? Je m'y fait étonnement bien. Il faut dire que l'Ivg m'a laissé un goût amer, et l'idée même de devoir renouveler la vision de mon bébé mort dans son oeuf, est juste impossible pour ma santé mentale. Je crois que le pire serait de réentendre ces paroles mesquines et blessantes d'un homme impuissant face à son avenir injustement niché au creux de mon utérus... Les mots virulents, d'un homme déstabilisé par une chose sur laquelle il n'a en réalité aucune prise si je voulais en décider par moi-même. La peur parle, le coeur ramasse.
Ainsi, pendant au moins 5 minutes, j'ai tenté de lui faire comprendre que ma vie et mon corps resteraient miens, et donc que mon bébé aussi (CQFD)... et ainsi une fois de plus je me suis, par la suite écrasée, pour arriver à un juste retour des choses, évaporé mon élan de femme libre, partit avec encore quelques morceaux de mon amour propre, quand il a sortit les armes par les mots, quand la flûte et le violon ne font plus leur doux effet, il subsiste néanmoins la kalashnikov, nouvelle langue inée chez l'homme qui se sent pris dans un get apen émotionnel, trop c'est trop, il tire un (second) coup, mais ce dernier dans l'optique de mettre au pied du mur et non d'en jouir, (une fois n'est pas coutume) et si jouissance il y a, ce sera celle d'apprécier l'aprocréation, et la fin de la vie qui avait tout juste commencé en moi. Cadeau de D.ieu, rapidement renvoyer à l'expéditeur plein tarif pour Madame, tout bénef' pour Monsieur. Je n'ai même pas eu le temps de savourer sa présence, heureusement sans doute, j'ai avalé les comprimés de concentré de mort de bébé, sans hésitation, et j'ai attendu, je t'ai senti filer à travers mes entrailles, et je t'ai accouché sans vie. Je t'ai regardé longuement, je me suis rendu compte de mon acte, et j'ai versé toutes mes larmes à la vie qui s'arrête et au vide indescriptible qu'elle laisse après sa chaleur, à la perspective d'un avenir sans toi petite chose en qui j'ai cru un court instant.

Warwick Avenue - Amy Duffy

07/05/2010 22:57 par sharonna

  • Warwick Avenue - Amy Duffy

    Warwick Avenue - Amy Duffy

    07/05/2010 22:57 par sharonna

il n'est pas l'homme parfait, il est juste lui, peut-être plus proche, à présent de celui que je n'aurais jamais espéré. Je n'ai jamais été plus en colère de ma vie. J'ai mal, c'est affreux ça me tue... Déçue de l'homme qui partage mon quotidien, sidérée qu'il soit génétiquement plus proche d'un porc dégueulasse qui conserve les photos de ses ex comme des reliques, dans des postures scabreuses au possible. Je suis horrifiée, ma seule envie à cet instant est de me planter un couteau dans l'estomac et de m'étouffer dans ma gerbe hémorragique, je crois que ce serait le seul moyen de sortir cette douleur de mon corps, la vomir une bonne fois pour toute, me vomir entièrement, ma jeunesse, ma naïveté, mes espoirs, tout.j'ai envie que ma vie s'arrête pour me laisser cicatriser. Je veux me remplir de drogues pour ne plus rien sentir, devenir un putain de sac de came. J'ai perdu tous repères et la confiance avec laquelle j'avais mûri notre relation, je la pensais sans limite, j'ai trouvé la faille.

Tout cela peut paraitre futile, peut-être que j'en fait trop, certainement que tous les hommes font ce genre de choses... Mais moi, la petite fille que je suis aurait aimé ne jamais savoir. Ca m'a violement jetée à terre, rouée de coups, et pietinnée sans répis.

La toute petite fille a envie de tout exploser dans sa chambre qui lui sert de tête. Des excuses? Pas même en rêve, je peux mourrir sur place, monsieur est tellement génial, que personne ne pourrait se permettre d'exiger des excuses de sa part, non. Ce doit être the way of life du porc en société, le vice derrière le clean. J'ai de nombreux défauts, j'en ai énormément, mais ceux des hommes sont vraiment moches, et je ne veux pas faire partie de ce cirque. je me dégoute autant que lui, parce que je suis devenue une femme suspicieuse, jalouse et aigrie. Parce que dans le but d'avoir le coeur net et allégé, j'ai fouillé dans ses affaires, suite à sa suggestion, et ce que j'y ai vu n'a fait qu'alourdir considérablement ma peine et atteindre de manière irreversible mon amour propre. Je crois que cette fois je n'ai plus de considération pour la femme que je suis. Ma colère forme une mélasse avec mon sang, elle gonfle mes veines, mon coeur et mes artères, je me soustrais à elle, et je deviens tout ce que je déteste. Le monstre de haine prend forme sous mes apparences poppiziennes et ma raison se décharne aussi vite que mon corps. Ma douleur et moi ne faisons qu'un, quand elle partira, je me relèverai plus forte que jamais.

Il n'aura pas ce que je suis de mieux, et il ne me l'enlèvera pas. Je resterai la même, mais je m'appartiendrai seulement. Je ne deviendrai pas une de ces reliques qui un jour fera souffrir une autre quand elle posera ses yeux sur mon anatomie, non ça n'arrivera pas. Je saurais ppeut-être dès lors qui je suis, et où se trouve ma place... Ainsi j'aurais résolu le plus grand dilemme de ma vie.

Effrayant ce besoin de mourrir pour appaiser. Je veux renaitre par la suite, mais je veux crever d'abord, et je suis sur la bonne voie. A priori, j'en ai pas encore assez chié pour grandir, faut que j'en bouffe encore et encore.

Je suis née dans ses bras, quand je serais quelqu'un, je partirais... peut-être... ou pas.

Se construire sur des mensonges et la trahison m'aidera sans doute à ne plus me faire avoir.

 

22 - Lily Allen

11/03/2010 23:12 par sharonna

  • 22 - Lily Allen

    22 - Lily Allen

    11/03/2010 23:12 par sharonna

{Je veux un enfant de toi, un jour.
Et je veux cet enfant plus que tout au monde. J'aimerais te sentir en moi, nous sentir grandir encore un peu plus, nous rapprocher, je voudrais que tu mettes ta main sur mon ventre et que tu l'embrasses, que tu nous embrasse. Je t'aime si fort que cette petite fille que je désire tellement, sera l'enfant le plus thérapeutique au monde, un miracle. Je veux que tu sentes ton coeur battre quand tu la verras à l'écran, quand tu entendras les premiers battements du sien. Je veux que tu t'aimes enfin un peu plus d'avoir pu donner la vie. Je veux que me supporte grosse et moche et puis que tu m'aimes encore plus quand tu la verras naitre, je veux que tu fondes quand elle prendras ton doigt dans sa main et qu'elle le serrera de toutes ses petites forces. Je veux que tu la regardes dormir, que tu l'as veilles, et que ta vie ne soit plus jamais la même. Je veux que tu le vive.
Elle s'appellera Romy Alabama. }

La liste - Rose

11/03/2010 22:51 par sharonna

  • La liste - Rose

    La liste - Rose

    11/03/2010 22:51 par sharonna

   25 ans, oui j'ai 25 ans. Fini la carte 12/25 de la SNCF, et fini les livrets jeunes.... Tu m'as oublié ce matin, tu as oublié que j'entrais dans une nouvelle ère, tu as zappé qu'à présent je suis encore plus une adulte que je n'ai jamais été... Et tant mieux, c'est assez agréable de pouvoir penser que près de toi, il n'y plus rien d'autre qui compte que nous, bien que ce ne soit pas vraiment ce que tu penses... Demain, tu n'aperçevras sans doute pas mes rides ni mes kilos en trop, peut-être verras tu toujours la jeune femme que tu as séduit à l'aube de sa vie.

A 25 ans, j'avais oublié les difficultés à poser du papier peint, seule. Dimanche, je n'ai ni mangé, ni bu de la journée, j'ai tapissé ta chambre, notre chambre, de mes couleurs préférées, j'avais du mal, mais j'y suis arrivée, de toutes mes forces, je voulais te clouer ton bec de petit con, qui n'aurait même pas bouger son petit cul du canapé pour me passer un cutter alors que j'étais perchée sur un escabeau bancal, une main tenant mon lé et l'autre essayant de trouver un équilibre... J'ai pleuré quand tu ne me répondais pas, parce que j'étais découragée comme un enfant, j'étais fatiguée d'avoir passer 10 heures de suite à recouvrir les murs de nos goûts et faire de cette putain de chambre une pièce à nous, et seulement à nous. Tu m'as fait grandir encore aujourd'hui. Un enfant aurait fondu en larmes et aurait trouvé sans doute la force de tenter une crise de nerf, moi, j'ai éclaté en sanglots... Je me suis relevée et j'ai réussi. Tu m'apprends la vie, pour toi je suis devenue plus combative, j'avale ma colère et j'avance. Tu as de l'emprise sur moi comme personne n'en a jamais eu.  Incroyable. Ce qui nous amène à deux le nombres de pièce que toi et moi avons imaginé et refait, deux le nombre de pièce ou plus jamais tu ne vivras comme avant, avec ou sans moi, Deux le nombre de pièce qui te rappelleront mon visage et le grain de ma peau, parce que c'est ensemble que nous avons voulu, attendu et accouché de cet endroit, ensemble, c'est tout.

Oui j'ai miséré comme raremment. Je ne me suis pas arrêté une minute, ma peau me brulait tellement j'étais déshydratée, et le soir, je suis tombée comme un bébé dans mon lit, cassée, mais heureuse de t'avoir prouvé que j'étais capable.

Ce n'est peut-être pas grand chose, mais c'est une réussite sur moi même.


Je ne me lasserai jamais de regarder le paysage et de m'imaginer courir dans ces près et ces bois qui défilent devant mes yeux. C'est le pied d'habiter la campagne, rien pour ça, rien que pour rêver. Et par ailleurs, je crois que même quand je mourrai, la première chose que fera mon âme ce sera d'enfiler des bottes et aller profiter de la forêt, ramasser des branches pour s'en servir de canne, chercher des champignons, comme quand j'étais plus petite. Avant je voulais partir d'ici, maintenant que je fais partie de toi, je ferais tout pour rester.


C'est aujourd'hui que je construit la possibilité d'un demain.


Hands clean - Alanis Morissette

01/03/2010 00:14 par sharonna

  • Hands clean - Alanis Morissette

    Hands clean - Alanis Morissette

    01/03/2010 00:14 par sharonna


 8 mois...
 1 quart de siècle de vie...
 1 majorité civile nous sépare...
Mais toujours ensemble.

"J'ai envie d'un bébé, d'un nouveau bébé. Une fille. Un bébé que j'aurais choisi de faire avec un homme que j'aime. Je sais qu'elle changera ma vie."

J'aurais aimé m'aimer de manière à me sentir toujours confiante et bien dans ma peau, j'aurais aimé que l'on m'aime, juste assez pour que je puisse aimer à mon tour, sans difficultés, sans écoeurement. J'aurais aimé ne jamais être abandonnée par personne, juste pour ne jamais avoir peur qu'on me laisse de nouveau. J'aurais aimé être un enfant, un jour, et m'en souvenir. Mais j'aurais sans aucun doute détesté avoir une vie parfaite.

Je crois que rien ne peux être pire que ce que je m'inflige à moi-même.
Je me suis taillé les veines la semaine passée. J'ai coupé si profond qu'il m'a fallu appuyer sur le haut de mon avant bras et le tenir fermement pour que mon sang s'arrête de couler. Je n'avais aucune envie de mourir, je crois. Il fallait juste que ma douleur sorte, qu'elle ruisselle le long de ma main, qu'elle court sur mes doigts et qu'elle s'écrase sur le sol... hors de moi. Il fallait seulement que je vois son visage, son allure, sa couleur franche et exitante, que je respire sa putain d'odeur de fer, sa chaleur...
Le soulagement fut immédiat. Mieux qu'un dolipranne, moins classe qu'un raille d'héro ou de coke, plus intime qu'une piqûre de morphine.
C'est comme un cri quand on est muet, et ça tombe bien, je ne suis pas bavarde quand j'ai mal.

Je ne vais pas bien, ou peut-être vais-je très bien, je ne sais pas. Mais je vis.
Alors ça n'a guère d'importance. Sauf peut-être quand je refuse d'exposer mes motivations lorsque tu saisis mon bras lacéré de coupures fraiches, et que tu me traites de folle. Là, oui en effet ce n'est surement pas aussi anodin que je me surprends à le penser, c'est peut être ce qui te fera fuir... M'enterrer avec ma folie, pour éviter d'avoir à poser les vraies questions... Et sûrement que tu t'en branles mon ami et tu as raison...
 C'est peut-être moi que je tente de chasser de mon propre corps, en vain. Je vis.
Il y a quelque chose de pire que le fait que tu me quittes, ce que je ferais par la suite.


"J'ai vu ma soeur tout à l'heure."

"Ha oui? et?..."

"Rien de spécial. Elle m'a demandé ma carte d'identité pour aller à disneyland avec mes places."

"Ok. Je m'en fous."

"Pardon?"

"Oui je m'en branle de tes histoires avec ta mère et ta soeur, dans la réalité, tu fais jamais ce que tu dis. Un jour tu veux te barrer et plus les voir, et puis un autre t'es toujours là bas. Moi, ma famille, j'ai coupé les ponts avec eux et voilà, mais toi... pff..."

"Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas d'appart??!! Tu veux le savoir??!!
Parce que j'ai pas les moyens, que je pourrais payer mon loyer pendant quelques moi et ensuite je ne sais même pas si j'aurais un boulot, alors tu comprends?? Je vais pas prendre un appart sans savoir comment je vais pouvoir payer!!!"

"Ha... ok... ben tu me l'avais pas dit!"

 
Evidement, sans doute m'aurait-il proposer de me prêter de l'argent...
Ce à quoi j'aurais répondu: "Non, je te remercie, c'est adorable mais si je dois emprunter à quelqu'un ce sera à ma banque, parce qu'elle au moins, ne me jettera pas à la porte avec toutes mes affaires, par -6° et ne me laissera pas rentrer à pieds avec mes sacs sur le dos."... En référence, au jour où il m'a mit plus bas que terre, comme jamais personne n'était parvenu à le faire, pourtant un certain nombre y ont sérieusement travaillé... Un cas-social, une pute, une sous-merde complètement con, je cumule les mandats... Pas mal comme curriculum vitae.

Et Franck n'a jamais tort, il faut le savoir. Jamais.
Donc maintenant je sais qui je suis.

Just like heaven - Katie Melua

03/10/2009 16:01 par sharonna

  • Just like heaven - Katie Melua

    Just like heaven - Katie Melua

    03/10/2009 16:01 par sharonna

Je me souviens du jour où Marie, une de ses amies qui est devenue aussi la mienne, fraîchement célibataire après une relation d’une quinzaine d’année, se mit à plaisanter sur le fait qu'elle deviendrait sans doute lesbienne. Cette femme me faisait toujours beaucoup rire, son rire était le plus communicatif que j'ai pu entendre de ma vie. Son visage sur lequel transparaissait une peine certaine, maladroitement dissimulée avec un brin humour et une énergie débordante, était marqué par la fatigue, mais conservait malgré tout un charme ravageur.

Ce soir là, dans son délire, elle m'a demandé de l'embrasser, et pris dans l'ambiance, je l'ai fait, et à vrai dire c'était plutôt hilarant. Et comme une connerie ne vient jamais seule, franck me demanda la même chose.


« Si tu embrasses Marie, tu peux bien m’embrasser alors!! »


Et il a posé sa bouche sur la mienne pour la première fois, une fois juste une seule fois, avant que, dès qu'il fut possible que l'on se retrouve seuls, je ne l‘entraîne vers les toilettes. Là, il me plaque contre le mur, il plonge ses mains sous mes vêtements, et il m‘embrasse comme jamais. Je crois que j‘aurais pu jouir sur place, tellement cet instant m‘apparaissait comme une libération, un soulagement, face aux précédentes semaines où la tension sexuelle était à son paroxysme. Ce n’était plus de l’envie mais de la rage, je crois avec le recul qu'on aurait pu baiser sur place si personne ne nous avait interrompu pour se laver les mains ou gerber.


Par la suite, il m’était purement impossible de contenir ce besoin de gouter ses lèvres, de sentir son corps contre le mien, ça avait été si bon. J’y pensais la nuit, la journée. Quand on se voyait, mon regard était fuyant, comme si je voulais m’excuser d’avoir céder. Ca n’a pas duré très longtemps, une semaine plus tard, on recommençait.


« Tu es petite… Toute petite… Tu es une enfant… »

« Je ne t’apparais pas si petite que ça quand tu me fais l’amour. »

« Si, mais j’ai envie de toi. Mais tu es petite… Et l’ordre normal des choses, serait que tu sois avec un garçon de ton âge, et non avec un homme comme moi. »


Effectivement, mon âge ne jouait pas en ma faveur, 24 ans contre 42, c'était inconcevable pour lui. Quoi que certains hommes se surprennent à apprécier une sorte de nouvelle jeunesse lorsqu’ils atteignent la quarantaine, lui non, mais il dit m‘aimer quand même. Je ne l'aime pas pour les 18 ans qui nous séparent, je l'aime pour lui, mais il ne veut pas le comprendre. Il adore maîtriser la situation et quand il n’y parvient pas, et qu’il sent que les choses lui échappent, il reprend ses jetons, et revient tout doucement, l’air de rien.


« Ne me touche pas s’il te plait. »

« Je veux juste te prendre dans mes bras, ça te dégoûte? »

« Non, mais j’aimerais que tu me laisse tranquille. »

« Laisse moi te serrer dans mes bras et t’embrasser, j’ai envie de toi. »


Et à chaque fois, c’est le même scénario, celui du bras de fer entre son impulsivité et mon sang froid, puis c’est le tour de force des archives, dossiers et sous-dossiers qu’il prend son pied à me ressortir dans le but de me mettre en colère, excédé par mon (faux) calme, des questions, des explications foireuses que j’arrive non sans peine à lui donner, puis s’en suit d’une réconciliation plus que jouissive sur l’oreiller.

J’ai toujours eu un mal fou à m’exprimer, je ne parviens pas à m’expliquer, quand bien même la légitimité de mes raisons, j’apparais la plupart du temps comme une menteuse ou comme quelqu’un de bizarre quand je tente de discuter, alors mon seul refuge est le silence. Je me mure non par vengeance ou parce que je boude, c’est parce que je suis tellement exaspérée par moi-même et cette incapacité à décrire ce que je pense que la seule alternative qu’il me reste est subir les conséquences, et les critiques, parce que je ne sais tout simplement pas me défendre.


« Putain mais tu ne dis jamais rien, tu te fais chier avec moi ou quoi?? »

« Non.. »

« Tu ouvres jamais la bouche, tu n’as aucune conversation, t’es pas vraiment intéressante en fin de compte!… »

« Si tu le dis. »

« Tout ce que tu sais dire c’est je t ‘aime, je t’aime, mon bidou, mon amour...."

….. « Oui, c’est ça je suis vide. »

Aimee Mann - Save me

03/10/2009 13:28 par sharonna

  • Aimee Mann - Save me

    Aimee Mann - Save me

    03/10/2009 13:28 par sharonna

Un soir, l’hiver dernier, il me semble, lors d’une soirée copieusement arrosée, nous sommes partis en boite… Enfin… c’était plus dans le style pub dansant, plutôt glauque, la seule de la ville, où il était possible de se rendre à pieds complètement saouls.

Il m’arrivait à l’époque de boire régulièrement le week-end, mes fréquentations ne m’aidant pas à gagner en sobriété... puis à finir dans des états impensables. Il était souvent là-bas, mais à l’époque, je ne faisais guère attention, plus occupée à finir mon verre et à danser comme une pute sur la piste, j‘aimais qu‘on me regarde et je faisais tout pour, je n'avais pas de limite... Il avait sans doute déjà cerné le personnage. Je me revois m’attacher les cheveux les bras relevés, j'ai regardé en sa direction, sentant ses yeux sur moi, il a caressé mon aisselle en s’exclamant « Rasée de près… Plus bas aussi? » …Alors, je me suis rapprochée de son oreille et je lui ai répondu tout en lui caressant la joue de mon index : « Beaucoup mieux que ça en tous cas. » … Il ne me regardait plus, par mépris je suppose et continuait à ricaner avec son pote, ils se sont bien foutus de moi et ils ont eu raison. J’étais vraiment vulgaire dans tout ce que je faisais, je n‘avais pas de limite malheureusement, et aujourd’hui encore, j’en ai honte, et il me dirait très certainement qu’il y a de quoi. Très souvent, mes tenues étaient courtes ou extravagantes (ou les deux.), je buvais tant que mes jambes pouvaient me porter, et parfois, il m'arrivait même de les supplier intérieurement de ne pas me lâcher, ou du moins pas devant tout le monde. Quoi qu'une chute en public, n'aurait pas pour autant relever le niveau de ridicule dont je faisais déjà preuve, en dansant comme une strip teaseuse bourrée, camée et dans le club le plus sordide de la terre. 


C’est comme ça que Franck et moi nous sommes connu.    


Franck sortait à l’époque avec une femme magnifique, belle à en crever, maigre comme je les aime, un corps filiforme, des yeux verts sur un visage d'ange et des longs cheveux bruns… J’aurais aimé respirer dans sa nuque et caresser son petit corps de pétasse, ses seins naissant de 36 ans, ses bras minuscules et sa peau ambrée… Je reste sûre que dans sa nudité, elle est moins excitante que dans son petit tee shirt blanc qu'elle portait sans soutien-gorge, son slim et ses bottines derniers cris... C‘est comme ça que celle qui me considérait comme sa pire ennemie est devenue mon plus grand fantasme. Il n'en reste que j'avais aussi une envie folle de la gifler pour ses manières de parisienne à la con, ainsi que sa langue de pute dont elle faisait un peu trop usage à mon goût. Je l'aurais bien imaginé rédactrice dans un tabloïd, ou dans un pauvre torchon à scandale, mais son véritable métier lui allait tout aussi bien, responsable visuel dans une chaine de magasin de vêtements. Cela correspondait à merveille à "Lydie la pute", rien n'est plus hypocrite que le visuel.


 Leur relation n’a pas duré longtemps, un semestre peut-être… "Lydie la pute" c'était une vraie punaise, d’une jalousie maladive, peut-être parce qu’elle avait sentie cette connivence entre lui et moi alors qu'il n'y avait rien de plus que de l'amitié naissante.

C'est par la suite que la simple amitié a laissé place aux paroles suggestives et aux regards évocateurs et provocateurs, c’était d’une intensité telle qu’il n’y avait plus rien autour, et l’espace des quelques secondes que duraient ces échanges, il m’avait déjà fait l’amour rien qu’en me regardant droit dans les yeux. A quelques mètres, il avait trouvé le moyen de me prendre dans ses bras, de m’embrasser et de me baiser sans un geste, sans un mot. C’était incroyable.

…. Puis au fur et à mesure que l’on se voyait, on ne pouvait s’empêcher de se retrouver, se rapprocher, je sentais cette attraction entre nous, c'était une véritable addiction, je ne pouvais me passer de cette relation, ce jeu de séduction, duquel je ne pouvais plus m'extraire.

"Parce que c'était lui, parce que c'était moi." Montaigne


Yael Naïm - Pachad

03/10/2009 13:23 par sharonna

  • Yael Naïm - Pachad

    Yael Naïm - Pachad

    03/10/2009 13:23 par sharonna

Ce n’était sans doute pas la bonne saison, pour eux, mais cette histoire sentait l’inachevé, cette sensation que rien de ce qu’elle n’aurait désormais ne serait à la hauteur de ce qu’elle avait connu avec lui, il lui avait enlevé le goût des autres et l‘envie du reste. Quand on s’approche au plus près de ce qu’on perçoit comme la perfection, le reste est incomparable, dénué de sens.  C’était lui et juste lui.


« Tu retrouveras quelqu’un, un garçon de ton âge… Je ne peux rien construire avec toi, sans tous les jours penser au fait que tu me quitteras dans quelques années, quand tu t’apercevras que je ne serais plus qu’un vieillard, et toi toujours une jeune femme… Tu t’en iras avec un mec de ton âge… »


« Ta gueule, c’est faux. »


« Non, j’ai raison, et tu sais pertinemment que j’ai raison. »


« Je ne veux personne d’autre que toi, je me fous du reste. »


« Tu verras, je sais ce que je dis. »


Et quand bien même leur différence d’âge, elle ne vivait que par lui, elle ne respirait que pour lui. Il en avait conscience, et je pense qu’il l’aimait aussi, peut-être pas assez, ou sans doute pour moins de temps qu’elle aurait, de son côté pu le faire. Il aimait une autre femme, mais il l’aimait elle aussi, il le disait parfois.


Et il s’allongeait près d’elle.


Instable. Elle ne savait pas où elle en était, où elle allait. Elle avait souvent envie de partir… Mais elle en était incapable, elle était aimantée, attirée par tout ce qu’il lui donnait, jamais on avait pu être aussi généreux avec elle. Il était fort, et elle l’admirait. Elle voulait à tous prix être comme lui, aussi intelligente, aussi charismatique, aussi spirituelle. Elle aimait son humour, et cette manière qu’il avait de toujours arrivé à la faire sourire bien qu’elle soit en colère, il avait l’art et la manière d’imiter ses tics, de pouvoir répertorier toutes les inepties qu’elle avait le don de sortir, car oui c’était un don. Et elle riait.

Et elle ne voulait plus partir. Tout prenait son sens. Elle s’ouvrait à son contact. Elle, qui n’avait jamais ressentit quoi que ce soit, aussi hermétique qu’elle avait pu être auparavant, elle fut séduite par tant de tendresse et d‘envie, elle se sentait vivante.

J'adore quand ça commence comme un roman à l'eau de rose.

Sia - Breathe me

03/10/2009 13:19 par sharonna

  • Sia - Breathe me

    Sia - Breathe me

    03/10/2009 13:19 par sharonna

Elle observait chaque recoin de cette chambre, celle où elle passait toutes ses nuits depuis un trimestre, serrée dans les bras de l’homme qu’elle aimait. Elle devait le laisser partir maintenant. Son regard balaya la pièce… puis se posa sur les quelques morceaux de papiers, et divers magazines qu’elle ne verrait plus, posés en vrac sur le sol… Elle aurait voulu pouvoir se souvenir de tout, tout revivre rien qu'en y pensant.
Et bientôt, elle ne le verrait plus enlever son jean à la manière d’un ado maladroit, laissant au passage, tomber une pluie de petite monnaie qui s’entrechoque et tombent à terre, et tout cela ponctué de quelques jurons. Elle esquissa un sourire.
Elle ne sentirait plus son odeur, le visage posé sur son épaule, le regardant amoureusement, pendant qu’il lirait ses bouquins et autres revues cinématographiques, riant de quelques poncifs et citations sarcastiques écrites par toutes sortes de critiques dont elle aura probablement oublié le nom à la minute ou il lui aura dit…
…Et même, cette centaine de figurines affreuses de super héros, couvertes de poussières posées n’importe comment sur le haut de l’étagère, elle les regretterait…
Elle n’aurait plus le privilège de pouvoir d’admirer la couleur de ses yeux, lui rappelant toujours un peu plus, la manière dont il l’avait séduite, l’effet qu’ils produisaient en elle lorsqu’il l’a fixait de son regard , le désir qu’il avait fait naître dans son âme tout entière.
Oui, elle était effrayée. Chaque petite chose, chaque mot, chaque geste la ramènerait à lui, et feraient de ses jours une longue voire interminable série de ressouvenir, de nostalgie et de réminiscences, toujours plus dures à supporter que son absence et le vide qu’il laisserait autour d’elle, car oui, il avait rempli sa vie, prit ce qu’elle aurait pu donner de meilleur, il avait aspiré sa jeunesse et s‘était inlassablement nourri de ses désirs et ses jalousies, pour enfin l’abandonner comme une coquille vidée de ses tripes, pour une autre femme moins jeune, moins torturée.

Elle savait bien que dans chaque personne qu’elle croiserait, elle trouverait quelque chose de lui, quelque chose d’eux deux, mais jamais assez pour suffire à ce manque, elle garderait longtemps les stigmates de ce bonheur qu'elle avait eu la chance de toucher du bout des doigts… Elle sentait bien qu’elle pouvait l’attendre toute une vie, et elle savait qu’ils se retrouveraient.